Une FSR consacrée à l'utilisation du budget SSCT au titre de 2026 s'est tenue le 26 mai 2026.
Déclaration Liminaire
Madame la présidente,
Cette réunion de la Formation spécialisée du CSA de réseau se tient dans un contexte particulièrement préoccupant, tant au niveau mondial qu’au sein même de notre administration.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment rappelé que « tous les indicateurs climatiques sont dans le rouge » et que l’humanité fait face à un état d’urgence global. Crises climatiques, énergétiques, alimentaires, guerres, explosion des inégalités : partout les alertes se multiplient. Pourtant, malgré les rapports, les conférences et les déclarations d’intention, les réponses apportées demeurent largement insuffisantes.
Cette incapacité collective à traiter les causes profondes des crises n’est pas sans résonance avec ce que vivent aujourd’hui les agentes et les agents de la DGFiP.
À notre niveau, nous constatons une dégradation continue des conditions de travail : suppressions massives d’emplois, restructurations permanentes, augmentation des charges de travail, perte de sens des missions, épuisement professionnel et progression des risques psychosociaux.
Et pendant ce temps, les dysfonctionnements s’accumulent.
Pannes informatiques majeures, incidents de sécurité, fuite massive de données sensibles, chaos autour de certains projets comme la facturation électronique, gestion catastrophique des indus réclamés à des centaines de collègues, désorganisation chronique des services : ces événements ne relèvent plus d’accidents isolés mais traduisent un affaiblissement structurel de notre administration.
À force de vouloir faire toujours plus avec toujours moins, la DGFiP atteint aujourd’hui un point de rupture.
Les collègues, eux, tiennent encore les services à bout de bras. Mais à quel prix ?
L’observatoire interne le confirme année après année : le malaise professionnel s’installe durablement. Les médiations se multiplient, les tensions dans les services augmentent, les collectifs de travail se délitent. Et les chiffres des suicides et tentatives de suicides dans notre administration rappellent tragiquement l’urgence de la situation.
Face à cela, les réponses apportées restent bien trop souvent insuffisantes, voire déconnectées des réalités du terrain.
Pour Solidaires Finances Publiques, la prévention ne peut pas consister à apprendre aux agentes et agents à mieux supporter des conditions de travail dégradées.
Prévenir réellement suppose d’agir sur les causes des risques :
- redonner des effectifs aux services ;
- stabiliser les organisations ;
- arrêter les restructurations permanentes ;
- respecter les collectifs de travail ;
- renforcer les moyens de la médecine de prévention ;
- écouter réellement la parole des agentes et agents ;
- reconnaître enfin la réalité des risques psychosociaux.
Car sous-évaluer les risques ne les fait pas disparaître. Cela ne fait que retarder les mesures nécessaires et accroître les souffrances.
Dans ce contexte, les moyens alloués aux instances de prévention et d’amélioration des conditions de travail continuent de diminuer. Les budgets des FS-SSCT sont, année après année, amputés ou contraints, limitant concrètement la capacité des représentant·es du personnel à mettre en œuvre des actions de prévention ambitieuses et utiles aux agentes et agents. Cette logique budgétaire est incompréhensible alors même que les risques professionnels augmentent et que les besoins d’accompagnement des collectifs de travail explosent. Dans certaines directions, des crédits non consommés remontent à l’administration centrale sans même que les membres des FS n’en soient informés en amont, illustrant une nouvelle fois le manque d’anticipation et de considération accordé aux questions de santé et sécurité au travail. Pour Solidaires Finances Publiques, la prévention ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire. Une politique ambitieuse de santé et sécurité au travail nécessite des moyens humains, médicaux et financiers à la hauteur des enjeux.
Nous ne pouvons également ignorer les conditions climatiques actuelles. Solidaires Finances Publiques dénonce les conditions de travail dégradées des agent·es de la DGFiP lors des épisodes de canicule : locaux surchauffés, absence de climatisation ou de ventilation efficace, bâtiments inadaptés et mesures de prévention insuffisantes.
Face à des épisodes de fortes chaleurs désormais récurrents, l’administration doit prendre des mesures concrètes pour protéger la santé des agent·es : adaptation des horaires et de l’organisation du travail, recours facilité au télétravail, équipements adaptés et amélioration durable des bâtiments.
Pour cette FSR, nous demandons que les actions proposées soient analysées puis votées une par une.
Merci